lundi 30 novembre 2009

Qui risque un oeil...

À la mémoire de Pippa Bacca



En avril 2008 avait lieu le meurtre violent de l'artiste italienne Pippa Bacca. On en a bien peu parlé au Québec. Trop peu. Cette artiste de la paix avait entrepris un périple sur le pouce dans les pays du Moyen-Orient, n'emportant avec elle qu'une robe de mariée, sa précieuse candeur et de sa foi inébranlable en l'universalité du dialogue par la performance artistique. Trois semaines après le début de cette aventure, elle est retrouvée morte, violée et étranglée.

Ça me rappelle le défilé des mots de Yoko Ono dans le métro au printemps dernier:
Pensez à la paix,
Agissez pour la paix,
Répandez la paix,
Imaginer la paix.
Agir pour la paix, parler de paix?

La performance semble une bonne alternative pour parler de paix. Le corps n'est-il pas LE médium pour entrer en interaction avec l'Autre?

Et pourtant, le corps se révèle être un terrain très vulnérable, soumis à la souffrance et aux violences extérieures et intérieures. L'art corporel est un art violent.

Chris Burden, Marina Abramovic, Ron Athey.

Les coups de fusil, les coups de couteaux, les tessons de verre, l'asphyxie, les aiguilles, les flèches.





Médium de l'immédiat, du contrôle, de l'expérience, du danger, du risque.
La performance fait prendre conscience des actes qu'on pose et des liens qui nous unissent. Et plutôt que de rejeter la condition humaine, le performeur tente de l'accepter et d'y faire face. Son corps hurle au monde: je suis en vie.

Pippa Bacca est en vie.

Et elle dit au sujet de son projet Brides On Tour:

“Choosing to have faith in other human beings, and man, like a small god, rewards those who have faith in him.”

Choisir d'avoir foi en les autres êtres humains, et l'homme, comme un petit dieu, récompense ceux qui ont confiance en lui. (traduction libre)


À voir:
Radiographie d'un instant de Lysette Yoselevitz, 4 au 11 décembre à Espacio Mexico, 2055 Peel

À lire:
To The Wedding (Qui va là?) de John Berger, aux Éditions de l'Olivier

À entendre:
Le corps de l'artiste Gilles Carle. La vie, la maladie, la mort, et la vie.
http://http://www.radio-canada.ca/audio-video/#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2009/CBF/MaisonneuveEnDirect200911301108_2.asx&pos=0



mardi 17 novembre 2009

Autour d'une vidéo fantôme

video



Je vous présente ici un extrait vidéo issu de mes travaux sur l'apparition et l'image fantôme, l'image subite.
Si ma vidéo ou ce sujet vous intéresse, voici quelques pistes que je vous suggère d'explorer avec moi.


À voir:
La chorégraphie Fantômes et vanités de Christian Rizzo. Extrait sur youtube: http://www.youtube.com/watch?v=fqG7rwR3hfM

À lire:
La nouvelle Laure de la nuit de Philippe Claudel, extraite de Fictions intimes, publié aux Éditions Filigranes

À entendre:
Ghost sounds: banque d'enregistrement de voix dites électroniques. EVP-Phénomène de voix électroniques. Élément important de mes recherches actuelles en son et en vidéo. http://theshadowlands.net/ghostwav.htm

mardi 10 novembre 2009

Quand l'Art fait l'amour


Le Musée des Beaux-Arts du Québec présente jusqu'au 13 décembre 2009 l'exposition Emporte-moi / Sweep Me Off My Feet réunissant plusieurs des grands noms et des grands amoureux de l'art contemporain international: Félix Gonzalez Torres, Sophie Calle, Marina Abramovic et Ulay, Tracey Emin, pour ne nommer que ceux-là. Saluons le courage du Musée et des commissaires Nathalie de Blois et Frank Lamy pour avoir mis sur pied une expositions comme on en voit trop peu chez les grandes institutions muséales du Québec.

À découvrir:
L'artiste François-Xavier Courrèges qui présente cinq oeuvres vidéo empreintes d'anti-sarcasme, fait rare dans la représentation habituelle du sentiment amoureux aujourd'hui.

La vidéo No Man Is An Island II de Jesper Just (visitez www.jesperjust.com ou allez voir la vidéo sur youtube)
L'émoi amoureux chez l'homme (hou là!).

Moment fort:
L'installation video de Pipilotti Rist «Sip My Ocean». Bien que réalisée il y a près de quinze ans, Sip My Ocean est toujours aussi actuelle. Filmée sous l'eau, ponctuée d'objets du quotidien terrestre, l'installation est à ne pas manquer puisqu'on peut rarement jouir des oeuvres de Rist: des poèmes visuels et musicaux proposant des utopies féminines alternatives.