vendredi 30 avril 2010

Sculptures éphémères: l'action pure du geste

 Au moment où vous lirez ce billet, l’exposition de Fabrizio Perozzi à la galerie montréalaise Joyce Yahouda sera probablement en démontage. N’ayant pas bien fait mon travail de promo, je me rabats sur une réflexion que m’a inspirée Perozzi et certains autres artistes qui ont une pratique éphémère.

À première vue, les peintures de Perozzi peuvent sembler plutôt hermétiques, purement formelles. Formelles oui, et tout aussi fascinantes. Assemblages d’objets, véritables sculptures éphémères aux matériaux transparents, réfléchissants. Si banales et pourtant si uniques et sensibles, les natures mortes du peintre nous ramènent à l’essence même du geste, de la relation du corps aux objets.

Les sculpteurs éphémères, un peu performeurs peut-être, ont cette qualité d’avoir un geste qui n’a d’autre finalité que le geste lui-même. Pensez aux célèbres One Minute Sculptures de l’autrichien Erwin Wurm qu’ont pu expérimenter les plus audacieux à la Galerie de l’UQAM en 2008. Sculpter l’espace par le corps, par des positions précaires physiquement ou socialement.


Le geste pour le geste, c’est l’art pour la vie.

Joshua Allen Harris est ses sculptures éphémères dans la rue : des tas de sacs plastiques qui prennent la forme de bêtes fantastiques l’instant d’un coup de vent…



À vivre: La onzième édition d'Elektra - festival international arts numériques du 5 au 9 mai 2010. www.elektrafestival.com/2010
À voir: Nearly 90, la dernière chorégraphie de Merce Cunningham présentée au Festival TransAmériques le 27 et 28 mai 2010. http://www.fta.qc.ca/fr/2010/nearly-90