jeudi 17 février 2011

Une nuit de couleur


Nous vivons la couleur.


Choisir un noir m'est une expérience déchirante. L'est tout autant le danger du mélange, l'incertitude de la science très naturelle, complexe et secrète de la chimie des pigments. Choisir un blanc, c'est marcher du côté de ce qui n'est pas. La couleur donne un sens à ce tout ce qui est et le blanc donne un sens à tout ce que nous ne sommes pas. Le vide. Nous sommes habités par le vide, cet espace de liberté qui dit: il n'y a pas de limite.

L'impression d'immensité des petites acryliques sur papier peintes par Rothko peu avant qu'il ne s'enlève la vie.

Evgen Bavcar, le photographe aveugle. La lumière, les taches, le visible et le non-visible. Encore le blanc. Encore le noir.

La ville de Tirana, capitale d'Albanie. Pas d'infrastructure pour l'électricité ou pour l'eau. Une trop grande population. Un maire artiste peintre amateur de Mondrian. Une ville multicolore belle et triste.


La couleur et le noir et le blanc: pas les codes ni les références. La couleur des fleurs sur la table de ma cuisine, du noir de ma nuit et du blanc de mon infini.