dimanche 27 mars 2011

Gaucher et Inglis, artistes émergents



J'aurai 25 ans dans quelques jours. Cet article est un peu personnel, disons plus qu'à l'habitude.
Je me revois il y a quelques semaines...

J'ai la chance d'arpenter le trop too much MOMA de New-York. À plusieurs reprises, je demeure immobile comme hypnotisée par les tableaux des grands peintres expressionnistes. Et survient la question tellement egocentrique: comment elle ou il était à mon âge? À 25 ans, quel genre d'artiste je suis?

À 25 ans, Nam June Paik rencontrait John Cage et Joseph Beuys à Munich, où il étudiait l'histoire de la musique.

En 1596, à l'âge de 25 ans, la miniaturiste, auteure et calligraphe Esther Inglis mariait le prêtre Bartholomev Kello, dont le père fut pendu pour le meurtre de sa femme.

Yves Gaucher a connu le succès très jeune, malgré son travail non-conventionnel. À 25 ans, il a déjà une exposition solo à la galerie l'Échange et devient en 1960 le président fondateur de l'Association des peintres graveurs de Montréal.

À 25 ans, Betty Goodwin débute en force une carrière de peintre et de graveure. Vingts ans plus tard, insatisfaite, elle détruit l'entièreté de son oeuvre. C'est alors que nait réellement l'oeuvre magistrale qu'on connait aujourd'hui.

Je suis de retour au MOMA, devant No.5/No.24, une peinture de 1948 de Mark Rothko. Cette pièce m'émerveille, l'huile n'a jamais semblé si légère, si intriguante. Des teintes de terre, de caverne. Des formes comme un paysage de mots sourds.

À 25 ans, Rothko participait à sa première exposition de groupe à la Opportunity Gallery de New York.

Et puis les murs du musée disparaissent, le temps s'arrête. Il n'y a que moi et la toile. Entre nous des dizaines et des dizaines d'années. Tout ce temps que j'aurai et où il faudra penser à faire de l'art pour l'art, pour moi et pour l'expérimentation.
Et pour aucune autre raison.
Ni l'argent, ni la reconnaissance, ni l'accomplissement de soi.

À voir: Les expositions des jeunes artistes en début de carrière. Visitez les galeries universitaires.

À entendre: Les installations d'Anri Sala au Musée d'art contemporain de Montréal.