
Le 11 septembre dernier (c’est la vérité), avait lieu un déjeuner causerie dans le cadre du Mois de la photo de Montréal. Beaucoup d’émotivité, beaucoup de silence et même quelques malaises. Les artistes, souvent mauvais vendeurs, pataugent dans des émotions intimes qui bien que nécessaires à leur état de création, ne se révèlent que biographies superflues lors de la réception des œuvres. Et soudain, la stupeur. Le photographe et minier Roger Ballen entre en scène. D’un silence lourd de sens ponctué de poésie, il balaie les incertitudes et les égarements. Sa voix théâtrale hypnotise, se propage gravement et résonne dans cet immense arsenal pour transmettre une chair de poule générale à l’assemblée. Il est question de sonder les profondeurs de la psychologie humaine, de retourner les globes oculaires vers l’intérieur. Ceux qui y étaient s’en souviendront je crois. Moi ça m’a marquée.
Des images fantastiques et des silences qui le sont encore plus. Il n’en faut pas plus pour comprendre que tel le phœnix qui renaît de ses cendres, l’être humain ne serait rien sans le néant. Dans le silence, il y a l’effacement, la mort, la disparition et donc la reconstruction, la création et encore l’idée que tout est possible. Et il y a la nostalgie aussi, mais ce sera le sujet d’un autre billet, parce qu’il est temps que je me taise.
À voir: http://rogerballen.com/
À entendre: Le merveilleux 4min33 de John Cage: http://www.youtube.com/watch?v=gN2zcLBr_VM
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